Vade retro Satanas

Publié le par kristel

Ou plutôt, comme le titre Marianne, Vade retro capotas ! Dans l'avion qui le mène au Cameroun, le pape Benoît XVI se prononce sur le SIDA :

"Je dirais qu'on ne peut pas résoudre le problème du SIDA avec l'argent, même s'il est nécessaire. On ne peut pas résoudre le problème du SIDA avec la distribution de préservatifs ; au contraire elle aggrave le problème. La solution est double : d'abord, une humanisation de la sexualité, un renouveau spirituel, humain, intérieur, qui permet ainsi de se comporter différemment avec les autres. Et deuxièmement, une amitié, une disponibilité pour les personnes qui souffrent."

Retour donc de l'éternel slogan du Vatican! Après Jean Paul, Benoît lui aussi s'attaque à la capote, plaçant la foi au dessus de la vie des africains. Toujours aussi moderne, l'Église prône l'abstinence... ou rien! Ignore-t-elle totalement la pandémie sur le continent africain? Ne serait-il pas plus efficace de sortir certains pays de l'obscurantisme entretenu par leurs dirigeants, de diffuser de manière plus efficace l'information sur l'éducation sexuelle, la prévention, d'améliorer les infrastructures sanitaires... Pourtant les chiffres sont éloquents, pour l' Afrique subsaharienne :

  • 1,9 millions de nouvelles contaminations
  • 22 millions de séropositifs (soit 67 % du total mondial)
  • 1,5 millions de morts du sida

(source : aides)


En France, l'ensemble de la classe politique à réagi aux propos du pape...Seule voix discordante dans ce concert de critiques,Christine Boutin. Catholique pratiquante, fervente opposante à l'avortement, à la pilule du lendemain et au mariage homosexuel, elle juge qu'en matière de préservatif, "chacun fait comme il peut et comme il veut". Elle juge aussi "pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour". Et de lancer : "N'attendez pas du pape qu'il dise qu'il faut mettre le préservatif." Voici la réponse de Michel Cymes, du Magazine de la santé, à la ministre :


 


Ce week-end était celui du Sidaction. Les promesses de dons ont été à la hauteur de 2008, preuve que la mobilisation ne faiblit pas, l'amitié et la disponibilité prônées par le pape existent bien. Dans notre monde moderne, en guerre contre la maladie, l'amour des hommes est placé au dessus de l'amour de dieu, qu'on le dise à Benoît !


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