The Watchmen, Batman / Des héros si humains...

Publié le par kristel


Les films de super héros pullulent, depuis le succès des X-men et des premiers Batman. Alors, pourquoi attisent-ils encore notre intérêt? Parce que ces super héros n'ont souvent aucun super pouvoir, à part celui de vouloir faire régner la justice. Ils sont à notre image, passant de l'adolescence à l'âge adulte, celui où la fête est finie et où l'on prend ses responsabilités, où nos actes sont pensés et réfléchis, qu'ils soient bons ou mauvais, à l'image des Watchmen ou du dernier Batman...


Watchmen, les gardiens... Tiré du roman graphique (désignant une BD ambitieuse) d' Alan Moore et Dave Gibbons, cette adaption cinématographique de Zach Snyder a de quoi surprendre. Le pitch : 1985, une Amérique toujours dirigée par Nixon à son troisième mandat, qui a remporté la guerre du Vietnam et où le Watergate n'a pas eu lieu. Nixon, anticommuniste primaire, a exacerbé la Guerre Froide qui connait là son paroxysme. Les Watchmen sont des héros retraités, que le peuple a rejeté, qui vont reprendre la cape en se sentant menacer par l'assassinat de l'un d'entre eux.


La grande réussite du film de Snyder, malgré les réticences que l'on peut avoir, c'est de restituer le parcours de ces super héros à travers les décennies. Des années 40 aux 70's, le générique, sur fond de Dylan, est en cela un chef d'oeuvre, parvenant à leur faire traverser les époques tout en faisant défiler l'histoire de l'Amérique. Sous tension USA/Union Soviétique, l'histoire de ces Watchmen, dont un seul possède vraiment des super pouvoirs (le docteur Manhattan, un scientifique transformé par une expérience sur l'atome), se déploie sous nos yeux, révélant les névroses et les psychoses de notre monde : le Dr Manhattan serait un Superman atomique si divin qu'il se détache du monde, Rorschach un Batman sociopathe et le Comédien un Captain America emblème de la face sombre des USA. Malgré sa longueur, le film est inventif et rend justice au roman et à sa noirceur, donnant envie de découvrir son univers d'origine. Il s'attache à chacun de ses personnages dont les doutes et les questionnements renvoient à notre société et à ses valeurs.


 




De société et de valeurs, il en est aussi question dans le dernier Batman. Christopher Nolan s'attache également au côté humain de son héros, cette humanité qui le rend vulnérable. Face à un adversaire cruel, en proie à une folie qui le rend imprévisible (le Joker, superbe Heath Ledger), Batman se révèle un chevalier noir, The Dark Knight, pas un héros... La place de héros, il la cède à un chevalier blanc, un homme connu de tous et aux idées justes et entières, trop entières peut-être... Batman, un héros qui comme les Watchmen, incarne un monde désabusé mais qui ne baisse les armes, qui croit toujours en l'humanité, prêt pour cela à se salir.


 



Ces films, sans atteindre les mises en abîmes du roman d'Alan Moore, n'en sont pas moins symptomatiques d'une époque, où le passage à l'âge adulte se fait dans la douleur, où le monde qui's'offre à cette maturité est inquiétant et instable. Que l'on aime ou pas, ils exercent une certaine fascination de part leur narration sophistiquée et leurs contradictions. Ils contribuent à donner au genre « comics » ses lettres de noblesse, le faisant porteur d'un sens de l'anticipation qui résonne de toute son ampleur aujourd'hui. Il suffit pour cela de voir le symbole du Smiley dans Watchmen, présent dans tous les t'chats du monde...


 

Watchmen, les gardiens

The Dark knight


Publié dans cinema

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